Je suis céramiste et mon travail est façonné par les rythmes élémentaires de la nature – le feu, l'eau, l'air et la terre – dans leurs cycles de transformation, de renouvellement et de décomposition. Avant de me tourner vers l'argile en atelier, j'ai passé des années comme humanitaire auprès de communautés meurtries par la guerre, les catastrophes et les déplacements. C'est là, au milieu des décombres et de la reconstruction du quotidien, que mon parcours dans la céramique a véritablement débuté.

J'ai souvent croisé des objets artisanaux tissés pour la survie : jarres d'eau rapportées des puits, marmites noircies par les feux, bols passés de main en main. Ces humbles objets étaient plus que fonctionnels ; ils incarnaient la continuité, la résilience et la mémoire. J'ai porté ces impressions en moi, et elles sont devenues le terreau sur lequel ma propre pratique s'est développée.

Plus tard, j'ai suivi une formation à Florence, en Italie, où j'ai approfondi ma compréhension de l'argile – sa forme, son alchimie et ses transformations. Cette formation façonne aujourd'hui mon travail en France, où je me concentre principalement sur la porcelaine – un matériau à la fois fragile et résistant, lumineux et pourtant résilient, à l'image des histoires humaines qui m'ont d'abord attiré vers l'argile.

Dans mon atelier, j'intègre des techniques de fabrication à la main et de tournage, guidée par un sentiment de connexion avec la terre et ses cycles. Chaque pièce est créée à partir d'argile extraite du sol, façonnée, séchée et transformée par le feu. Lors de mes cuissons au saggar, j'entoure les formes de feuilles, de fleurs et de minéraux récoltés après la saison, permettant ainsi au feu d'écrire sa propre histoire à la surface.

In 2026, my practice expanded through a residency at Kouraku Kiln in Arita, Japan — a place deeply rooted in the history of porcelain.

Working with Japanese porcelain and traditional materials such as gosu, alongside locally sourced combustibles including rice straw, wood, and organic matter, I began to explore new relationships between control and unpredictability.

Within sealed saggars, these elements interact in a contained yet dynamic environment, where smoke, ash, and vaporized metals leave unrepeatable traces on the porcelain surface. This process stands in quiet contrast to the precision historically associated with Arita ware, opening space for imperfection, chance, and transformation.

My work exists in this tension — between structure and release, intention and surrender.

Through fire, I do not seek to impose a final form, but to collaborate with forces beyond my control. Each piece becomes a record of that encounter: a surface shaped not only by the hand, but by time, atmosphere, and the unseen movements within the kiln.

In this way, my practice continues to reflect the environments that first shaped it — where fragility and resilience coexist, and where beauty emerges not in perfection, but in the traces left behind.

At its core, my work is also a quiet reflection on healing.

Having witnessed the effects of conflict, loss, and displacement, I remain deeply aware of the fragility of human life and the environments we inhabit. Through clay and fire, I seek not to replicate those experiences, but to hold space for transformation — where what is broken, altered, or marked by time can still carry meaning, dignity, and presence.

In each piece, there is an openness to what emerges — a gesture toward resilience, and a hope for continuity, care, and peace.